De retour à Lens après un an à Caen, Issam Jemaa a connu des difficultés à se faire à la vie d'un club de Ligue 2. L'attaquant international tunisien est aujourd'hui sur le bon chemin et tentera de le confirmer à Sochaux lors des 8es de finale de la Coupe de la Ligue.
Issam Jemaa a peiné pour trouver sa place en L2 mais depuis septembre et son doublé en Coupe de la Ligue à Lorient (0-3), l'international tunisien est l'un des éléments clés de Lens. Arrivé dans le nord en janvier 2005, il avait ensuite été prêté. De retour de Caen (21 matches, 3 buts) à l'été, il semblait peu impliqué, se heurtant même avec certains de ses partenaires (Grégory Vignal, Mounir Diane) lors de séances ouvertes au public. Les supporters n'hésitaient pas alors à le siffler. "Dans un premier temps, j'ai eu beaucoup de mal à me faire à l'idée de descendre et de devoir évoluer en L2. Dans la tête, ce n'était pas évident. Mais au final, je me suis mis d'accord avec le président Gervais Martel pour rester au Racing. Et aujourd'hui, tout va bien", assure Issam Jemaa.
La renaissance n'a pas été simple. S'il a dû ravaler ses velléités de départ, notamment vers Monaco, qui lui avait témoigné un intérêt lointain en août, il a aussi dû regagner la confiance de son entraîneur, Jean-Guy Wallemme agacé en septembre par le refus du joueur d'évoluer en CFA à Vesoul. L'encadrement l'avait convaincu d'effectuer le long déplacement de huit heures en bus. Et ce 13 septembre, dans les Vosges, Jemaa, 24 ans s'était illustré en inscrivant un corner direct sur le premier but de la réserve "sang et or" (2-3). "Je l'ai relancé car il était à l'écoute, souligne le technicien, s'il ne l'avait pas été, je n'aurais rien pu faire. Nous connaissons ses qualités. Tout le club lui répétait qu'il fallait changer des choses. Soit il s'entraînait sérieusement pour tenter sa chance, soit il s'enfermait dans sa bulle".
"Améliorer la patte droite"
Dans les jours suivants, Wallemme s'est occupé personnellement du milieu offensif artésien. Il lui a offert des séances individualisées devant le but. Objectif: "améliorer la patte droite" de ce talentueux gaucher, précise l'entraîneur. "Cet entraînement spécifique avait bien fonctionné", se remémore Jemaa. Avec comme effet un replacement en position comme pointe offensive, celle qui était la sienne pendant sa formation alors que depuis son arrivée en pro il a évolué plus à gauche afin d'utiliser sa vitesse.
"Mon doublé m'a fait du bien au moral. En plus, c'était mon premier match après une longue période d'absence", remarque le Tunisien également buteur au Stade de France contre les Bleus de Raymond Domenech en match amical (3-1). "Un grand bonheur", avoue-t-il. Et de raconter: "Le samedi précédent, contre les Seychelles, j'avais raté quatre ou cinq occasions franches. Le staff m'a tout de même fait confiance". Avant de reconnaître sur son but: "Je m'emmène le ballon du bras au départ, j'enchaîne un dribble puis je prends ma chance. J'ai de la réussite, ça rentre".